Des rails, des mines, un orage qui guette

Les routes sont compliquées en Bolivie. On est jamais trop sur de rien. C’est d’autant plus vrai en saison des pluies, où les routes disparaissent souvent au gré des innondations et des glissements de terrain. La jeep qui doit me mener à Uyuni s’arrête, aprés un périple un peu fastidieux, à Atocha, une ville presque fantôme. Le chauffeur annonce qu’il n’ira pas plus loin, l’orage est trop menaçant, et les nouvelles des routiers qui viennent du sens inverse sont mauvaises. C’est vrai que le ciel menace de tous les cotés, on a l’air encerclé ici. La nature décide, encore une fois, de mon trajet. Je trouve une auberge qui n’a pas l’habitude du voyageur, et j’attends le train, qui doit passer le lendemain, pour sauver tous les naufragés d’Atocha. Les rails sont le seul signe flagrant de vie ici. Le train passe une fois par semaine, parfois deux. C’est la seule ligne de chemin de fer encore active en Bolivie. Les mines qui entourent la ville semblent justifier le passage du train, puisque la ville en elle même n’invite pas à la halte prolongée. Par chance, un chauffeur de bus courageux facilite mon départ le lendemain. L’orage n’aura finalement pas éclaté. Il n’aura fait que tourner autour d’Atocha.

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ATOCHA, AVANT L'ORAGE